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Enseignement supérieur - Recherche - Christophe Patier

(voir la vidéo)
 
Monsieur le Président,
Chers Collègues,

La série de délibérations qui est présentée dans le domaine de l’enseignement supérieur, et spécialement les projets n° 9, 10 et 11 (structuration de réseaux régionaux de recherche, cadre d’intervention du soutien régional aux projets structurants de l’enseignement supérieur, la recherche et le transfert de technologie), s’efforce de mettre en œuvre le SRESRI, schéma régional de l’enseignement supérieur, de la recherche et de l’innovation, dont les premiers acteurs sont les opérateurs du secteur, selon différents axes. Elle appelle plusieurs remarques.

Certes, il est nécessaire que les opérateurs se regroupent au sein de réseaux, dont la constitution et le fonctionnement font appel à des ressources dont la mobilisation constitue un investissement et une spéculation dont le poids ne peut être allégé que par un soutien public, et donc régional, approprié.

De même, il appartient aux opérateurs du secteur d’identifier leurs points forts pour en faire des axes stratégiques, d’investir dans les opportunités qu’ils offrent et de capitaliser sur les succès qu’ils rencontrent, de même qu’il est de la responsabilité des acteurs publics de soutenir leurs initiatives dans ce cadre.

Et il convient également de ne pas négliger l’encouragement aux projets de recherche qui poursuivent les objectifs du SRESRI, qu’ils soient innovants, territoriaux ou organisant des mutualisations.

Plusieurs points de vigilance doivent être relevés à l’égard de ces objectifs.

Il est tout d’abord regrettable que des estimations de maquettes budgétaires pluri annuelles ne soient pas réunies dans une fiche financière afin de permettre à la fois d’apprécier la portée réelle des interventions et de faciliter leur évaluation ex post, ou du moins d’en mesurer la mise en œuvre selon ce critère. La plupart des projets de délibérations de votre administration pourraient certes faire l’objet d’un effort à cet égard, mais la remarque me paraît encore plus fondée lorsque, comme ici, plusieurs délibérations cadres font l’objet d’un paquet.
On peut ensuite relever le souci d’équilibre entre les 5 universités régionales qui est traduit par l’affichage d’un exemple pris dans le ressort de chacune d’entre elle pour la structuration des réseaux de recherche. Toutefois, il convient de souligner que l’objectif de développement équilibré des territoires, affirmé par le SRESRI, mérite une attention constante.
Les universités centrées sur leur ville siège ne doivent donc pas oublier leur rôle à l’égard de l’ensemble du territoire et le conseil régional se doit de les aider activement par des incitations constantes. 

De ce point de vue, je me félicite que la réunion de la commission Enseignement supérieur ait permis de préciser dans la délibération que le projet Phinoa de l’université de Limoges concerne le laboratoire XLim, basé non seulement à Limoges, mais aussi à Brive, Poitiers et Angoulême. Et je remercie donc Gérard Blanchard et François Vincent pour la qualité de leur écoute, qu’on aimerait trouver dans d’autres groupes ou commissions régionaux qui ont une marge de progression en la matière. 

Mais les opportunités offertes par le tissus industriel et les organismes de recherche localisés ailleurs que dans le chef-lieu doivent être très concrètement promues : congestion, pollution, métropolisation contre qualité de vie, productivité des réseaux et enseignement à distance doivent aussi trouver à s’appliquer à ce domaine.

Enfin, s’agissant des taux et plafonds d’intervention appliqués aux projets de recherche, la délibération reprend des modalités habituelles, mais aucune vision globale n’a jusqu’ici été assurée par une communication des effets de ces critères sur l’orientation de la recherche régionale.
Le vice-président Blanchard a annoncé que ce serait le cas à l’occasion d’une prochaine commission Enseignement supérieur. Je forme le vœu que ces données soient mises à disposition avec une analyse de leurs effets.
L’évaluation qui fait l’objet de déclarations d’amour de principe doit en effet se traduire concrètement par un effort de transparence précis et concis, s’appuyant sur des données objectives, vers lequel j’espère vous aurez à cœur de progresser, en évitant la tentation de l’autosatisfaction fondée sur un exercice interne contrôlé.
Cette attente n’empêchera toutefois pas le groupe LR CPNT de voter en faveur des 3 délibérations qui font l’objet de cette intervention.
 
Merci Monsieur le Président.