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Développement touristique en Nouvelle Aquitaine - Nicolas Belot

 

Monsieur le Président, Mes chers Collègues,

Nous avons à nous prononcer aujourd’hui  sur une délibération qui expose un certain nombre d’axes d’intervention du Conseil Régional en matière touristique. Il s’agit d’un règlement transitoire dans l’attente du schéma définitif d’ici la fin de l’année.

Puisqu’un processus de concertation a été lancé le 16 mars dernier, j’aimerais revenir sur les enjeux prioritaires pour notre région du point de vue de notre groupe : l’importance du tourisme dans le développement économique de la région, la nécessité d’un diagnostic préalable et le principe d’équité territoriale notamment.

La nécessité de faire du tourisme un pilier de l’économie régionale

  • 12,3 Milliards d’€ générés par l’industrie touristique en Nouvelle-Aquitaine.
  • Notre région est au 5ème rang au niveau des régions contributrices.
  • 103 000 emplois directs soit 8% de l’emploi touristique national.
  • 170 millions de nuitées et 27 millions de touristes.
  • Un budget Tourisme de 26,5M€ (10,21M€ en fonctionnement et 16,3M€ en investissement)

Le tourisme témoigne du magnétisme d’un territoire. L’océan, la montagne,  la campagne ne sont pas délocalisables. Le tourisme, dès lors,  non plus. Plusieurs dispositifs ont déjà été votés lors du vote du SRDEEII à la séance du 13 février dernier.

L’objectif, est de faire du tourisme en Nouvelle-Aquitaine un relais de croissance et d’emploi. Il importe de le mettre en lien avec l’ensemble des activités qui font la vie de nos territoires.

Il semble ici important de rappeler également avec vous le lien du tourisme avec la formation professionnelle (compétence régionale) et la nécessité d’une main-d’œuvre qualifiée.

Saluons également le travail du CESER et ses propositions pour améliorer le logement des saisonniers, avec des systèmes d’intermédiation.

Rappelons aussi l’enjeu majeur de la mobilité pour permettre le déploiement du tourisme sur le territoire (cf: l’intervention d’Armelle Cassin au nom de notre groupe sur la responsabilité majeure de l’institution régionale en matière de transports (amélioration de la qualité de service, instauration d’une véritable intermodalité et développement des modes de transports dans les zones moins denses).

Il semble également imaginable de ne pas faire du tourisme un levier de transformation locale : les opérateurs de séjours, comprenant hébergement et restauration, pourront devenir des  débouchés pour les producteurs locaux dans le cadre de circuits courts par exemple.  L’alimentation locale constituant alors un atout de l’expérience touristique.

La nécessité d’une démarche de diagnostic et d’évaluation préalables.

 Le document que vous nous soumettez est riche. Une interrogation cependant : sur les 45 mesures présentées dans le document de synthèse : s’agit-il d’une agrégation des règlements existants dans les trois anciennes régions ? Sur quels critères ces nouveaux règlements d’intervention ont-ils été retenus ?  Des critères de performance des dispositifs ont-ils été mis en place ?  Quid également  de l’évaluation de ces règlements  transitoires en amont ?

Il aurait été pertinent de nous rappeler ou de nous transmettre les évaluations des politiques touristiques des trois anciennes régions et par ailleurs nous indiquer les évolutions entre cette nouvelle version et celle en usage jusqu’ici. Certaines fiches ne comportent par ailleurs pas d’éléments d’évaluation. C’est le cas par exemple de la fiche  37 : dispositifs d’aide au conseil. Nous serons vigilants aux adaptations que vous réaliserez de ce règlement afin qu’il participe effectivement au renforcement de la filière, et qu’il soit un outil d’équité territoriale.

Une politique « tourisme » ne peut se défaire d’une composante « aménagement durable du territoire » et dès lors d’une gouvernance partagée.

La nécessité d’une gouvernance partagée (exigence qui découle notamment de la loi Notre : une coopération et une complémentarité des acteurs du tourisme).

 Une véritable synergie des politiques et de tous les acteurs est un enjeu majeur du développement efficace du tourisme dans notre région. En ce sens, la réhabilitation d’un CRT Néo-Aquitain doit être salué, puisque en Poitou-Charentes …

Pour atteindre les objectifs ambitieux d’une politique touristique et aboutir à une culture partagée dans l’ensemble de la région Nouvelle-Aquitaine, une véritable implication et un fort esprit de partenariat seront indispensables : partenariat entre prestataires au sein et à travers différentes filières et partenariat entre le public et le privé, partenariat entre collectivités à l’image  de la Charente-Maritime et la Charente qui ont fusionné leurs agences.

Le rôle de notre institution est d’impulser un développement dans lequel tous les acteurs locaux puissent s’inscrire : les coopérations entre les acteurs permettront de mieux répondre à la demande touristique et d’instaurer une véritable communauté. En ce sens, nous pourrions imaginer un programme de fidélité au territoire et à la marque Nouvelle Aquitaine avec des points. Les habitants mais aussi les visiteurs sont également d’excellents ambassadeurs de notre région.

La création d’un Comité Régional du Tourisme lors de la séance du 13 février dernier  avec une mise en place opérationnelle en juin 2017 s’inscrit d’ores et déjà dans cette démarche et nous l’avons voté favorablement. Nous attendons beaucoup cette structure en matière de promotion de la Région, notamment à l’international.

Enfin, la nécessité d’une « équité territoriale ».

Il y a nécessité d’une politique touristique mieux partagée sur l’ensemble du  territoire. Le rayonnement des pôles touristiques, souvent concentrés sur le littoral, doit profiter à l’ensemble des territoires de la Nouvelle-Aquitaine. Ce point est également à mettre en parallèle avec l’intervention de Nathalie Fontaliran sur la politique contractuelle territoriale à laquelle notre groupe s’oppose du fait de notre désaccord sur la carte des territoires vulnérables retenus. Nous n’avons pas la même vision de l’équité territoriale. Prospère ou en fragilité, le tourisme peut contribuer au développement d’un territoire. Il ne doit pas y avoir de laisser pour comptes des vacances. Cela est valable pour les personnes et  pour les territoires.

En conclusion,  l’enjeu du nouveau schéma du tourisme  en préparation : une politique touristique encore plus ambitieuse et mieux partagée sur les territoires.

Notre groupe LR-CPNT votera favorablement cette délibération.