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Budget Primitif 2018 - Sport - Pierre Durand

( voir la vidéo )

Monsieur le Président,

Mes Chers Collègues,

Dans le prolongement de mon intervention lors de la précédente plénière, notre groupe constate avec regret :

  1. La baisse des dépenses d’investissement au détriment du sport : - 23 %, comme pour d’autres chapitres du budget, j’en conviens. Mais, il est inquiétant que, dans ce budget, les dépenses d’investissement stagnent en général autour de 30%.

Il est tout de même paradoxal que la Nouvelle-Aquitaine veuille s’inscrire dans « la dynamique des Jeux 2024 », alors que, dans le même temps, l’effort pour le sport baisse sensiblement. Mais, malheureusement, cette même remarque vaut pour le budget de l’Etat.

  1. Notre 2ème regret est qu’une véritable réflexion ne soit pas engagée sur la pertinence du financement public au bénéfice du sport professionnel. 

Le sport professionnel qui est trop souvent synonyme d’excès et de dérives.

La collectivité doit-elle financer les surenchères salariales des joueurs et la folie des grandeurs de trop de dirigeants ? Ou, si elle considère que c’est de sa vocation, doit-elle continuer à le faire comme elle le fait aujourd’hui ? 

Le débat mérite d’être ouvert.

Dans le cadre de cette réflexion nécessaire, nous devons rester vigilants sur les deux alibis qui nous sont offerts pour continuer à subventionner les clubs professionnels, à savoir la « FORMATION » et la « COMMUNICATION » pour valoriser notre région, comme c’est dit à l’objectif 5 « Développer un territoire qui gagne ».

Sur la FORMATION, attachons-nous à évaluer sérieusement l’efficacité des clubs formateurs, souvent davantage préoccupés par le fait d’atteindre, comme c’est le cas dans le rugby, leur quota « JIPF » (Jeunes Issus de la Formation Française). Soyons exigeants sur la réalité d’une formation qui poursuit le double projet : faire jouer de jeunes joueurs à un haut niveau et leur donner un avenir professionnel à la fin de leur carrière.

Veillons à ce que les clubs professionnels fassent passer la carrière des joueurs avant leur propre intérêt. Rappelons leur la vocation première du sport qui est d’éduquer aux valeurs du sport qu’il véhicule positivement. Sur la formation encore, dans l’une de nos précédentes interventions, j’avais évoqué, avec beaucoup de précautions oratoires, le risque de prosélytisme dans les clubs sportifs.

Pourquoi ne pas s’inspirer de ce qui se fait en Ile de France où une Charte de la laïcité doit être signée par tous les clubs sollicitant une subvention notamment ciblée sur la formation. Et pourquoi ne pas lancer un programme de formation pour les éducateurs sportifs, afin d’en faire des lanceurs d’alerte sur ce sujet.

Sur le COMMUNICATION, j’ai beau être attentif chaque semaine, mais je n’entends jamais notre région citée par les médias quand sont commentés les matchs de nos 5 clubs du Top 14 ou encore nos 5 clubs Pro 2 de rugby, et cela est aussi vrai pour les Girondins de Bordeaux. La règle est de dire que, quand on met 1 € en sponsoring ou en subventionnement, il faut mettre 1 € supplémentaire pour le faire savoir.

En avons-nous les moyens ? Non. Alors, ne prétextons pas le rayonnement de la Région pour financer, avec les deniers publics, les clubs professionnels.

Enfin, nous ne voyons rien sur le sport en entreprise alors qu’il m’avait semblé que vous aviez été sensible à cet argument.

Pour les autres objectifs de notre politique en faveur du sport, nous y sommes favorables.

Merci de votre attention

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