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Rapport Développement Durable 2015 - Alexandra Siarri

 

Quels sont les enjeux climatiques ?

  • Dans un rapport de référence sur l’état du climat publié cet été (3 août 2016), 2015 est décrite comme la pire de l’Histoire moderne pour une série d’indicateurs clés comme les températures, les gaz à effet de serre ou la montée des eaux. Dans un document de 300 pages auquel ont participé 450 chercheurs du monde entier l’hypothèse du basculement climatique, c’est-à-dire d’un point de non-retour atteint, devient malheureusement crédible. Le scénario des « + 2°C » pourrait bien laisser sa place à celui du « + 5°C ».
  • Dans notre belle région particulièrement exposée, particulièrement vulnérable où la nature est notre atout touristique, économique, notre ADN culturel ; en 2050 à ce rythme, nous n’aurions plus que 50 % d’eau potable et la mortalité des pollinisateurs remettrait radicalement en cause nos productions, pour ne citer que deux effets terribles… Y-a-t’il un défi plus important, plus stratégique que celui-là ? Non. Y-a-t’il une collectivité plus compétente, plus en responsabilité que notre région ? Non, d’ailleurs vous-même, Monsieur le Président, vous l’écrivez noir sur blanc dans l’édition de ce rapport.
  • Alors au regard des menaces qui pèsent sur nous, on s’attend à ce que ce rapport en 2015 nous montre l’intensité de votre action pour relever le défi, pour nous rassurer : on étudie ce rapport avec d’autant plus de concentration qu’on connait, Monsieur le Président, votre goût de l’autosatisfaction et votre habitude à mettre à votre crédit leadership de la région en matière de transition écologique et climatique. C’est donc à l’aune de dangers graves indiscutables et de votre satisfaction que nous avons lu ce rapport, conscients du travail des services que nous remercions naturellement.
  1. Chaque année, ce rapport était présenté en amont de tout débat budgétaire certes des orientations budgétaires et on en comprend bien la raison, car ce que je viens d’évoquer démontre que la totalité de nos raisonnements budgétaires seront obsolètes si nous subissons le basculement climatique. Cette année vous avez dégradé la lecture de ce rapport en sixième position. Ce n’est pas un détail. C’est un état d’esprit.
  1. Vous évoquez le montant de 61,64% de dépenses qui contribueraient au développement durable en 2015. Chaque euro ne devrait-il pas normalement être dépensé, en tenant compte de l’impératif écologique ? Ce pourcentage que vous nous présentez, a-t-il encore un sens d’autant plus qu’aucune lecture budgétaire n’est ensuite possible dans ce rapport ?
  2. Ce rapport nous permet-il d’avoir une vision claire des menaces en cours ? Des efforts à fournir au regard des objectifs posés ? Des résultats effectivement obtenus ? Je réponds trois fois Non pour des raisons évoquées plusieurs fois dans cette Assemblée. Nous n’avons aucun outil d’évaluation et de mesure objective « ça va arriver, nous dit-on » Notre groupe l’attend depuis 2010. Le CESER rappelle dans son avis «la nécessité pour la nouvelle Région de développer une réelle culture de l'évaluation basée sur des indicateurs robustes, fiables, intégrateurs mais pas nécessairement nombreux tels que l'empreinte écologique, l'indicateur de santé sociale, l'indicateur de l'IDH »
  3. Il y a dans ce rapport quelques éléments assez inquiétants qui attestent notre retard en réalité. Ainsi page 22 on lit qu’en 2015 la collectivité s’est attachée à « intégrer à l'ensemble des politiques la prise en compte de la lutte contre le changement climatique ...» Autrement dit, on travaille encore à prendre en compte et pas exclusivement à proposer une fois pris en compte. Page 46 à propos du défi Aquitaine Climat l’évaluation est claire, on peut lire « un défaut dans la conception, l'organisation, la gouvernance, et en conséquence de la mise en oeuvre de la démarche Défi Aquitaine Climat, une articulation faible avec le SCRAE étant conçue comme un catalogue d'actions opérationnelles sans véritable hiérarchisation, ni priorisation sur des objectifs stratégiques centrés sur les politiques internes de la Région, il a été moins tourné vers les territoires que le plan climat précédent... » Ce qui est notable pour l’objectif 1 sur le climat, l’est aussi pour les autres objectifs. Nous n’avons pas dans cette assemblée les moyens de juger de votre action car nous ne sommes dotés ni des outils d’évaluation ni des diagnostics de départ qui nous permettraient de le faire. Ce qui est vrai pour nous, les élus, l’est évidemment pour les citoyens et les acteurs de terrain, parmi lesquels les collectivités infra-régionales. La Région n’a pas crée de dynamique citoyenne et n’est pas leader autour de ces enjeux cruciaux. Nous prenons acte de ce rapport en regrettant profondément le manque d’ambition qu’il démontre.