Tribune du Groupe pour le journal régional - Janvier-Février 2018

Pêche, qualité de l’eau, préservation de la ressource,transformation et commercialisation, tout est lié

 

De la pêche en mer à la pêche fluviale, estuarienne ou dans les lacs, la ressource halieutique, conchylicole ou mytilicole, est indissociable de la qualité des milieux aquatiques. Or, les relargages des stations d’épuration ont certainement de nombreux effets dévastateurs sur la dynamique des espèces.

Aujourd'hui, il est important d'assurer le diagnostic réel de la qualité de l'eau en matière de perturbateurs endocriniens et d’en mesurer les effets sur l'avifaune aquatique, d'autant que la baisse des débits par l'impact du réchauffement climatique induit une concentration plus importante des polluants.

Les pêcheurs professionnels français viennent de remporter une belle victoire avec l'interdiction de la pêche électrique par le Parlement européen dans le souci de préserver la ressource. Mais, il faut assurer dans la continuité le financement d'études scientifiques incontestables sur les stocks piscicoles en eau douce comme en mer.

L'interdiction de la pêche de la grande alose en Aquitaine et Charente-Maritime a eu un impact négatif sur la dynamique des petits ports, sur l’activité des pêcheurs professionnels et amateurs. Aujourd'hui, les dernières données scientifiques, comme celles de MIGADO, sont plutôt favorables : de bonnes indications pourraient faire évoluer le dossier d'interdiction vers une pêche raisonnée, soumise à des conditions de suivi de la dynamique de l’espèce. Des études sur l'impact des espèces invasives comme le silure seraient aussi indispensables, tant son côté prédateur inquiète.

La pêche, l’ostréiculture, la mytiliculture, l'ensemble des activités économiques de la mer et des milieux en eau douce restent une source d'emplois non délocalisables et une valeur essentielle pour la Nouvelle-Aquitaine, 2ème région maritime de France.

La Région annonce, pour 2018, le lancement d’une réflexion sur un plan pluri-annuel d’investissement pour nos 6 ports de pêche. Au regard de leurs besoins de modernisation, nous resterons très vigilants sur les moyens qui leur seront consacrés : le budget 2018 ne prévoit que 2 M€ d’investissement pour la pêche. A ce rythme-là, de nombreuses années seront nécessaires pour soutenir cette filière.

Eddie PUYJALON

Conseiller régional

Président CPNT